technique
Galerie
Trois marionnettistes et leurs marionnettes. Tarer putul na<em>c</em>h, les marionnettes à fils du Bengale o<em>c</em><em>c</em>idental, en Inde. Photo réproduite avec l'aimable autorisation de Sampa Ghosh

Tarer putul nach

Pays

Inde

Marionnettes à fils du Bengale occidental, en Inde. Les troupes itinérantes actuelles de tarer putul nach (putul signifie poupée, tar, fil, et nach, danse) impliquent environ un millier de personnes, sillonnant le Bengale mais aussi l’Orissa (Odisha), l’Assam et le Tripura. Ce sont généralement de grandes compagnies, comme les troupes de cirque, composées d’interprètes, de leur famille, des cuisiniers, charpentiers et de tous ceux qui sont associés aux spectacles. Les compagnies voyageaient avec de grands chapiteaux qui étaient implantés dans certains endroits. Lorsque le spectacle avait débuté, les charpentiers changeaient de lieu et montaient une autre toile de tente. Lorsque le spectacle était terminé dans le premier espace, les interprètes se dirigeaient vers la seconde tente et les charpentiers retournaient dans la première pour la remettre en ordre et la préparer pour le spectacle suivant. Les spectacles comprenaient de nombreuses séquences et donnés dans leur totalité, étaient relativement longs.

Les marionnettes, mesurant chacune de 30 à 40 centimètres de haut, sont sculptées dans du bois ou modelées dans du papier mâché, somptueusement vêtues à la manière des acteurs de jatra, ces récits populaires du Bengale. Il faut au moins six fils pour manipuler chaque marionnette : deux pour les mains, deux pour la tête, un pour la poitrine et un pour le dos. Cependant le personnage d’un type de poupée acrobate appelée Bhanumati nécessite dix-huit fils. Ceux-ci sont reliés au chath, un bambou tenu horizontalement à hauteur de son menton par le manipulateur et mesurant 40 centimètres de long. Bien que les membres de la troupe construisent une scène entourée de rideaux, souvent les marionnettistes, toujours des hommes, manipulent à vue.

Les textes des jatra chantés en bengali et soutenus par une vielle, des cymbales, un harmonium, une flûte, des gongs et des percussions type « bâtons de pluie », font place à des textes en hindi dans les régions extérieures au Bengale. Les membres de la troupe appellent les spectateurs depuis leur scène-tente et distribuent des images de couleurs à la manière des rabatteurs des cinémas populaires.

Chaque représentation dure entre trente et quarante-cinq minutes. Le chef du groupe peut mémoriser de vingt-cinq à quarante pièces.

Actuellement, il existe des troupes et des familles traditionnelles qui interprètent le tarer putul nach. Certaines d’entre elles sont reconnues comme maîtres de marionnettes par leur communauté et parfois, sur le plan national, pour leur contribution à l’art de la marionnette

(Voir Inde, Sangeet Natak Akademi Awards pour la marionnette.)