organisation
<em>Nezha</em> (哪吒, 1988) par Chengdu Muou Piying Jutuan (Centre pour la préservation du patrimoine culturel immatériel, Chengdu, province du Sichuan, République populaire de Chine), mise en scène : Xiong Zhengkun, scénographie et fabrication : Liu Ji, marionnettistes : Liang Kaitong, Wu Wenhui. Marionnettes à tiges, hauteur : 70-100 cm. Photo: Pan Yi

Théâtre de Marionnettes et d’Ombres de Chengdu

Pays

Chine

Théâtre de marionnettes chinois fondé à Chengdu, capitale de la province du Sichuan en 1957. Rassemblant à l’origine quelques compagnies locales privées, ce théâtre est la plus importante institution nationale de toute la région sud-ouest de la Chine. Comme la plupart des grands théâtres actuels, la troupe s’est spécialisée dans la marionnette à tiges, mais elle présente aussi des ombres et des marionnettes à gaine. Son style est basé sur celui du maître de marionnettes Yaoguang, dont la technique faisait l’admiration du russe Sergueï Obraztsov.

Les marionnettes à tiges de Chengdu se divisent en trois sortes suivant leur taille : les petites (également appelées « Précieuses ou délicates marionnettes ») mesurent une trentaine de centimètres, les moyennes, entre 90 et 100 cm, tandis que les grandes marionnettes, typiques du Sichuan, dépassent souvent 1m 60.

Le répertoire du Théâtre de Chengdu comprend à la fois des opéras traditionnels, mettant en scène le Roi des singes d’après le texte classique Le Voyage en Occident, comme Le Roi Singe combat le feu par trois fois avec des feuilles de palmes et autres pièces traditionnelles, comme Chen Xiang sauve sa mère, Ne Zha le Héros, Terre rouge, Terre bleue, Les immortels et le piège du labyrinthe, Apsaras, Un Monde merveilleux, et des pièces plus modernes comme L’Énigme de Sanxing et du site de Jinsha, s’inspirant de récentes découvertes archéologiques dans les ruines de Sanxingdui.

Les marionnettes du Sichuan ont par ailleurs subi l’influence du chuanju, l’opéra local, du point de vue musical mais aussi scénographique. Ainsi, le changement instantané des masques, une des caractéristiques de l’opéra du Sichuan, a été repris par les marionnettistes tandis que Li Zhengfa, maître de marionnettes du Sichuan, est un spécialiste de la technique dite du « cracher de feu », tout comme celles qui consistent, pour la marionnette, à cueillir et mettre une fleur dans sa chevelure, enrouler une mèche de cheveux sur son doigt, lancer et rattraper un mouchoir, faire onduler sa chevelure, lisser et redresser les longues plumes de faisant qui ornent sa coiffe, etc., toutes ces techniques ayant contribué au développement du style particulier et unique du théâtre de marionnettes du Sichuan. Certaines de ces productions ou pièces se sont vu attribuer des prix internationaux et sont hautement appréciées par les professionnels et le public comme exemples d’un « art théâtral authentique atteignant la perfection ».

Par ailleurs, certaines pièces de la compagnie comme Vive le monde humain, sont adaptées de l’opéra du Sichuan.

Ne disposant pas pour le moment de sa propre salle permanente, le Théâtre de Chengdu se produit dans la ville et ailleurs en Chine en louant des salles. Il se déplace également dans les écoles et propose deux de ses spectacles aux enfants. Avec plus de trois cents spectacles joués devant plus de trois cent mille spectateurs par an, la compagnie connaît un succès grandissant : elle a été invitée en Europe (Allemagne, Belgique, Danemark, Pays-Bas, Suède, Finlande), en Asie (Japon, Thaïlande, Corée, Singapour), en Afrique (Zambie, Zimbabwe, Tanzanie, Ethiopie, Rwanda, Kenya) et en Amérique du Nord.

Depuis 2002, le théâtre fait partie des douze grandes troupes fondatrices de l’UNIMA Chine.

(Voir Chine.)

Bibliographie