personnage
Galerie
<em>Hanuman</em>, un personnage <em>c</em>entral du Râmâyana, une figurine d'ombre d'Andhra Pradesh, en Inde, <em>tolu bommalata</em>, hauteur : 1,10 m. Colle<em>c</em>tion : Center for Puppetry Arts (Atlanta, Géorgie, États-Unis). Photo réproduite avec l'aimable autorisation de Center for Puppetry Arts

Hanuman

Pays

Inde

Personnage de premier ordre du Râmâyana et des spectacles de l’Inde et de l’Asie du Sud-Est. Hanuman, le capitaine ou parfois le roi de l’armée des singes, allié de Râma, est une figure imposante qui peut changer de forme car il possède des pouvoirs magiques. En l’Inde, Hanuman est noir ou rouge ; en Asie du Sud-Est, il est blanc. Lettré (il lit le sanscrit), il fait également preuve d’une grande sagesse et se montre capable de construire des plans stratégiques. En Asie du Sud-Est, au contraire de l’Inde ou il est célibataire dans les versions Vaishnavite (Vaishnavisme, branche de l’hindouisme vénérant Vishnu), Hanuman  est décrit comme un amoureux plein de charme autant qu’un guerrier valeureux.

Dans les drames dansés de l’Inde, le théâtre de marionnettes et le théâtre d’ombres, il est représenté couronné, le corps couvert d’un pelage éclatant, une sorte de fourrure blanche de peluche de coton ou de fibres végétales, portant des parures d’or ainsi qu’une coiffure-parasol souvent rouge cramoisi.  Dans le théâtre indien et les représentations de théâtre dansé, spécialement le kathakali, il effectue des gestes lents, sans aucun mimétisme animal. Dans le théâtre de marionnette en Inde, yakshagana gombeyata, son dos se prolonge par une longue queue avec laquelle il incendie le royaume du roi-démon Râvana alors que sa queue est en feu. Dans la tradition indienne de marionnette, Hanuman est toujours représenté avec une queue.

En Asie du Sud-Est, sa gestuelle de guerrier est ponctuée de grattements et sa voix a de temps à autre des intonations aïgues à la manière des singes. En Indonésie, Hanuman (également Hanoman et Anoman, parmi ses nombreux noms) peut être reconnu par sa couleur blanche et sa jupe, qui sera à carreaux blancs et noirs à Bali ou bien noirs-blancs-rouges-jaunes à Java – un motif qui témoigne de son pouvoir spirituel. Hanuman possède aussi le pancanaka, des ongles longs qui servent d’arme et qui représentent, lorsque les cinq doigts (cinq sens) sont réunis pour la méditation un autre signe de sa puissance extra-normale. En Indonésie, Hanuman est souvent considéré comme le fils de Batara Guru (le Dieu Siwa / Shiva) plutôt que celui de Batara Bayu (Dieu du Vent), comme on le trouve dans des versions indiennes. A Java, Anjani, la fille d’un ermite, qui a été transformée en singe et médite dans les flots pour retrouver sa forme humaine, est sa mère. Lorsque la semence de Batara Guru coule dans sa bouche, la femme-singe en méditation donne miraculeusement naissance au futur héros. Batara Guru ordonne alors à tous les dieux d’avoir des enfants singes afin de donner des camarades à Hanuman, ceux-ci aidant plus tard Râma à mener la guerre au roi-démon d’Alengka (Rahwana en Indonésie). Hanuman Duta (Hanuman le Messager) est une pièce favorite en Indonésie car Hanuman saute d’un bond d’Inde à Alengka, trouve Sîtâ (la femme de Râma), emprisonnée dans les jardins de l’arbre d’Asoka, courtise Trijata (la nièce de Rahwana et le compagnon de Sîtâ) et, comme en Inde, alors qu’il est pris et brûlé par Indrajit (fils de Rahwana), met le feu aux tours de la cité avec sa queue.

Sur le continent du Sud-est asiatique (Thaïlande, Cambodge), on trouve de nouveaux épisodes qui mettent en vedette le héros. Le badinage d’Hanuman avec Suvanna Maccha, la fille-sirène de Thosakan (Râvana), durant l’épisode où les singes construissent un pont pour relier Alengka, se termine par la naissance d’un enfant, Mudchanu, qui est en à la fois singe et poisson. Dans un autre épisode très populaire, Benyaki (une nièce de Thosakan) se déguise en Sida (Sîtâ) pour faire croire à Ram (Râma) qu’elle est morte. Son “cadavre” flotte à la surface des eaux. Hanuman révèle la ruse en faisant l’amour à la jeune beauté, montrant ainsi qu’elle est tout à fait vivante. Plus tard, Hanuman rapporte une potion magique pour rendre Lak, le frère de Ram (Lakshmana), à la vie, lorsqu’il est frappé par une arme. A la fin du conte, Hanuman devient le roi du royaume des singes.

La figure chinoise de Sun Wukong (Roi des singes), qui aida à la circulation des Ecritures saintes bouddhistes (Tripataka) d’Inde jusqu’en Chine, a des pouvoirs magiques et protége le singe-héros. Il doit certainement être la transposition bouddhiste chinoise de ce singe-héros qui est respecté, applaudi, et parfois révéré comme une divinité à travers tout le Sud et le Sud-est de l’Asie.   

Hanuman est connu sous différents noms en Asie du Sud et du Sud-est. En Inde : Hanuman, Hanumat, Anjaneya, Anjata, Maruti (fils de Anjana et Vayu) ; en tamil il est également appelé Anuman ; le Karbi d’Assam le nomme Haliman. En cinghalais (Sinhala) : Hanumant. En tibétain : Hanumandha, Hanumanta. En Indonésie (variantes en balinais, en javanais, en sundanese) : Hanuman, Hanoman, Anoman, Senggana, Bambang Senggana, Ramandayapati, Anjani Putra, Bayu Siwi, Mayangkara, Maruti, Guru Putra, Mayanggaseta, Kapiwara. En khmer : Anjat, Anujit. En lao : Hanumon, Hulahman, Hunahman, Huonahman, Huorahman. En malais : Haduman, Hanuman Kera Putih, Kera Kechil Imam Tergangga, Pahlawan Udara, Shah Numan. En thaï : Anchar, Wanon.

(Voir Inde.)

Bibliographie

  • Pani, Jiwan. “Hanuman and Traditional Indian Theatre”. Sangeet Natak, Journal of the Sangeet Natak Academi. No. 35, New Delhi, 1975.