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La déesse Durga <em>c</em>ombat et finit par tuer le démon des buffles d'eau, dans <em>Mahishasura Mardini</em>, marionnettes à tiges traditionnelles, <em>kathi kundhei</em> na<em>c</em>ha, d'<em>Or</em>issa (Odisha), Inde. Photo réproduite avec l'aimable autorisation de Sampa Ghosh

Kathi Kundhei Nacha

Pays

Inde

Théâtre traditionnel de l’Etat d’Orissa (maintenant Odisha) situé dans l’Est de l’Inde. Les marionnettes de kathi kundhei nacha (« danse de marionnettes à tige de bois », aussi appelées kandhei nach ou kandhei nata) sont manipulées au moyen d’un kathi, ou tige de bois. Le spectacle traditionnel, un amalgame de danse, de théâtre et de chansons, commence par une incantation (stuti). Celle-ci est suivie par le sutradhara (metteur en scène/narrateur) qui présente l’épisode joué à partir de récits épiques, le Râmâyana et le Mahâbhârata, ou bien des Purana.

Les marionnettes mesurent jusque 60 centimètres de haut. Elles sont sculptées, peintes, et vêtues dans le style Orissa du jatra (théâtre proche de l’opéra), avec jupes et chemises. Les marionnettes sont articulées aux épaules. Ces articulations sont reliées au moyen de fils à l’intérieur du torse où deux anneaux sont tirés pour mouvoir les bras du personnage. La tige soutient la tête, sculptée dans le bois et peinte. Les marionnettistes sont assis à même le sol derrière un écran. Des musiciens jouent du tambour, de la cymbale, et des instruments en roseau, comprenant la clarinette indienne et la flûte, et plus récemment de l’harmonium, pendant qu’un groupe de personnes manipule. De nos jours, la mise en scène peut être plus recherchée, jouée sur une scène, avec rideau et décors peints, similaire à celles que l’on trouve au Bengale occidental (voir danger putul nach).

Maguni Charan Kuanr (né en 1937), est actuellement le chef de file reconnu du kathi kundhei nacha. Il a étudié cette forme de marionnette avec son père, Baishnab Charan Kuanr, et avec certains des membres de la communauté villageoise de Jhara dans le district de Keonjhar, Orissa. Il a perfectionné le genre durant de nombreuses années avec sa compagnie, Utkala Biswakarma Kalakunja. Il développe, ce faisant, ce que l’on pourrait appeler le kathi-suta kandhei nacha (« danse de marionnettes à tiges et à fils »). Un spectacle-type pourrait commencer par une pièce courte, Mahishasura Mardhana, dans laquelle la déesse Chandikar (Durga) tue le buffle-démon Mahishasura, suivie de l’épisode correspondant du Râmâyana. La troupe présente aussi bien des thèmes modernes que traditionnels basés sur le Râmâyana et autres sources mythiques. La comédie est un élément fondamental. Des marionnettes humoristiques – telles que sapua kela, le très enthousiaste serpent charmeur qui joue de sa flûte à double anches, attaqué par une multitude de cobras, ou l’ivrogne ronfleur affalé sous un arbre sur lequel un chien de passage urine, ou bien encore le couple qui discute des habitudes de dépenses des hommes et femmes modernes – viennent émailler la pièce principale, apportant une bouffée d’air comique. Néanmoins, en dépit de sa popularité locale et la reconnaissance nationale officielle de la Sangeet Natak Akademi pour sa contribution à l’art de la marionnette, Maguni Charan Kuanr constate : « Malheureusement, cette forme d’art attend encore et toujours des marionnettistes passionnés qui pourraient assurer sa survie à l’époque de la télévision et du cinéma. »

Aujourd’hui, quelques marionnettistes traditionnels sont reconnus par leur communauté et parfois, sur le plan national pour leur contribution à l’art de la marionette. En 2004, Maguni Charan Kuanr a reçu le Prix de l’Académie Sangeet Natak pour sa contribution au kathi kundhei nacha et à la marionette indienne.  

(Voir Inde, Sangeet Natak Akademi Awards pour la marionnette.)