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Galerie
Personnages de la pièce <em>Le Bossu</em>, d’après le roman de cape et d’épée de Paul Féval, par le Théâtre Royal de Toone (Bruxelles, Belgique). Personnages (de gauche à droite) : Henri de Lagardère et Blanche de Nevers. Marionnettes à tringles. Photo: Nicolas Géal

Toone

Pays

Belgique

Dynastie de marionnettistes bruxellois. À Bruxelles, dans le quartier populeux des Marolles, parmi des marionnettistes comme Michel Cautaerts ou la Mère Thomas, Antoine Genty (1804-1890) se distingua par son jeu, sa verve, son sens de la « réclame » et son exceptionnelle longévité : il joua de 1835 à 1880. Illettré, il donnait de mémoire Les Quatre Fils Aymon, Ourson et Valentin, Vivier et Malagasse ainsi que des légendes populaires. Son prénom, prononcé Tôône à la bruxelloise, s’est imposé à ses successeurs en une sorte de dynastie populaire et adoptive établie en 1931 par les Amis de la Marionnette, dynastie dans laquelle les montreurs se suivent,  non par filiation directe, mais par double reconnaissance du prédécesseur et du public. Le titre suscita parfois d’âpres querelles et même l’apparition de branches collatérales.  

Le dauphin, François Taelemans (1848-1895) étiqueté Toone II, exploita de 1865 à 1895 un local appelé « Dans la Marmite » d’où son surnom de Jan van de Marmit. Entre autres montreurs, il initia Georges Hembauf (1866-1898) Toone III, dit Toone de Locrel, qui exerça de 1890 à 1898 avec un répertoire élargi aux drames, opéras, feuilletons et mélodrames comme Robert le Diable, Le Bossu, Hamlet, La Reine Margot. Répertoire encore étoffé par un autre prétendant au titre de Toone III, Jean-Antoine Schoonenburg (1858-1926) également formé auprès de Toone « l’Ancien » et appelé Jan de Crol en raison de sa chevelure bouclée. Il joua de 1890 à 1911 Le Pont des Soupirs, Les Mystères de Paris, Les trois Mousquetaires, Vingt Ans après, La Muette de Portici, Le Juif errant. Vaincu par les nouveaux amusements publics, il abandonna son jeu à Daniel Vanlandewijck et finit par se pendre parmi ses derniers fantoches.

Entre-temps, et premier cas de filiation, Jean-Baptiste Hembauf (1884-1966), répertorié Toone IV, succéda à son père Georges (premier Toone III), s’associa à Antoine Taelemeans, fils de Toone II, et joua de 1898 à 1935. C’est lui qui créa, en 1934, Le Mystère de la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ de Michel de Ghelderode. En 1911, Daniel Vanlandewijck (1888-1938) avait acquis le jeu de Jan de Crol (second Toone III) qu’il anima courageusement jusqu’au retrait du permis d’exploiter en 1927.

Quelques passionnés, dont Jef Bourgeois, sauvèrent  le matériel, fondèrent en 1931 l’association les Amis de la Marionnette et permirent ainsi la poursuite de  l’activité jusqu’en 1937. La même année, Pierre Welleman (1892-1974) dit Peie Pââp (Pierre à la Pipe), qui avait joué avec les Toone IV et V, devint Toone VI et reprit le théâtre avec le même répertoire (souvent en feuilleton : soixante-douze soirées pour Les Pardaillan) agrémenté parfois d’un stukske bââ (petite pièce supplémentaire). En 1952, il créa La Farce de la Mort qui faillit trépasser de Michel de Ghelderode. Mais la concurrence des nouveaux loisirs, les expropriations successives et la maladie minaient Toone VI qui, après avoir réduit Les Pardaillan à cinq épisodes puis à une seule soirée, ferma son théâtre en mars 1963.

Une nouvelle fois, les Amis de la Marionnette sauvèrent le matériel et, le 10 décembre, Toone IV intronisait José Géal-Toone VII dont le règne se prolonge avec son fils Nicolas devenu Toone VIII en 2003.

(Voir Belgique.)

Bibliographie

  • Longcheval, Andrée, and Luc Honorez. Toone et les marionnettes traditionnelles de Bruxelles. Bruxelles: Paul Legrain, 1984.