Marionnettiste d’origine allemande et nationalisé français, fondateur du Marionetteatern de Stockholm, metteur en scène, créateur de marionnettes, auteur et enseignant. Émigré en Suède en 1939, il fabriqua des marionnettes en argile et monta plusieurs spectacles alors qu’il était encore étudiant. En 1951-1953, il étudia les marionnettes chez Harro Siegel à Brunswick, en Allemagne, puis le mime chez Étienne Decroux à Paris. Il s´établit ensuite à Stockholm, présentant entre autres l’Histoire du soldat de Ramuz et Igor Stravinski et créant des marionnettes à fils poétiques, Benjamin et Baptiste.

En 1958, il fonda le Marionetteatern de Stockholm, le premier théâtre de marionnettes fixe et professionnel du pays, bénéficiant de subventions. Il élabora un répertoire pour adultes et un répertoire pour enfants, revendiquant toujours les valeurs propres à la marionnette qu’il considère comme un instrument artistique moderne. Le Marionetteatern devint ainsi l’un des moteurs du théâtre suédois.

Dans ses mises en scène, Michael Meschke utilise diverses techniques de marionnettes et mêle la marionnette à d´autres formes scéniques (acteurs masqués, par exemple, dans Ubu roi). Il puise volontiers son inspiration dans les marionnettes asiatiques. Il a reçu la collaboration de compositeurs comme Maurice Jarre, Krzysztof Penderecki, György Ligeti ou d’artistes comme Franciszka Themerson et Enrico Baj.

Ses principales créations sont : Les Contes d´Hoffmann (1959) d’E. T. A. Hoffmann et Jacques Offenbach, Le Prince de Hombourg (1952) de Heinrich von Kleist, La Bonne Âme de Setchouan (1963) de Bertolt Brecht, Ubu roi (1964) d’Alfred Jarry, La Divine Comédie (1970) de Dante, Splendeur et mort de Joaquin Murieta (1973) de Pablo Neruda, Antigone (1977) de Sophocle, Don Quichotte (1988) de Cervantès et L´Apocalypse (1998), qu’il écrivit lui-même, son dernier spectacle. Pour les enfants : Le Petit Prince (1973), Winnie l´ourson, L´Odyssée (1985) et Christophe Colomb (1991).

« La plupart des spectacles du Marionetteatern étaient destinés aux enfants Son esthétique reflétait bien l’idéologie anti-autoritaire qui, dans l’après-guerre, imprégnait les nouveaux idéaux pédagogiques » commenta la critique Margareta Sörenson.

Très engagé dans l’UNIMA, Michael Meschke encouragea les marionnettistes des pays en développement et poussa à la création de nouveaux centres nationaux. Il enseigna à l’Institut international de la marionnette à Charleville-Mézières (France), dans de nombreuses universités, et il créa des écoles, notamment en Finlande et à Stockholm. Il a publié In Search of Aesthetics for the Puppet Theatre (À la recherche d’une esthétique pour le théâtre de marionnettes, avec Margareta Sörenson, 1992), Grenzüberschreitungen (Passages de frontières, 1996), Marionettisten (mémoires, 2002).

Michael Meschke quitta le Marionetteatern en 1998, tout en conservant la responsabilité du Musée international de la marionnette qu’il avait également créé à Stockholm à partir de 1973.

(Voir Suède.)