personne

Alexander Calder

Prénom

Alexander

Nom

Calder

Naissance

Philadelphie (1898)

Decès

New York, États-Unis (1976)

Sculpteur américain. Si Alexandre Calder est surtout célèbre pour ses « mobiles » et ses « stabiles », sa contribution à l’art de la marionnette est moins connue. Calder, qui avait déjà dessiné à New York en 1925, pour la National Police Gazette, des scènes du cirque Ringling Brothers et Barnum & Bailey, arriva à Paris en juillet 1926. C’est là qu’il commença à fabriquer des jouets articulés en fil de fer agrémenté de bouts de bois et de bouchons, puis les montra au Salon des humoristes. Dès mai 1927, il les anima et les mit en scène afin de les vendre. Il présenta dans son atelier, 22 rue Daguerre, dans le quartier Montparnasse, un véritable spectacle dans un esprit totalement novateur : Le Cirque. Nombre de marionnettistes contemporains qui manipulent à vue des objets dans un micro-théâtre devraient rendre grâce au génie inventif d’Alexander Calder.

« C’est à une représentation de cirque que j’assiste car la plupart de ces jouets sont des sortes de marionnettes d’artistes humains et animaux de la piste Voici un voltigeur équestre. Le cheval tourne sur un rond de carton qui fait la piste. De la main droite l’inventeur moud la manivelle. Le voltigeur s’élance de loin, d’un tremplin dont la main gauche déclenche le ressort-catapulte. Voici la danseuse, avec son tutu en papier gaufré de petit four, qui descend la corde oblique à la japonaise, hésitante . Voici un surprenant et compliqué appareil de trapèze volant à trois trapèzes qui permet par un jeu de fil manœuvré au doigt de faire exécuter à deux trapézistes au tronc de bouchon emmanché de bras et de jambes en fil de fer, les passes mêmes de nos trapézistes volants en chair et en os » (Legrand-Chabrier, 1927). En 1929, environ deux cents sculptures composaient la troupe de Calder, exécutant une vingtaine de numéros. Rien n’y manquait, ni la musique du gramophone, ni les roulements de tambour, ni les cymbales, ni les rugissements du lion. Ses marionnettes étaient empoignées directement, sans artifice technique, ou manipulées à l’aide de fils et de tringles, parfois de tiges horizontales. Monsieur Loyal était manipulé au ras du sol à l’aide d’une tige horizontale fixée au pied gauche. Un fil de rappel attaché à la main droite (qui tenait un porte-voix) passait par un anneau de métal à la hauteur de la bouche si bien qu’en tirant le fil, il embouchait l’instrument. En tirant sur un second fil qui passait par un anneau placé en haut de la poitrine, attaché à l’autre main, il portait un sifflet à sa bouche. Ces deux fils traversaient un anneau au pied gauche et rejoignaient la tige de manipulation. « Naturellement il y avait un chef de piste, en haut-de-forme fait d’un bouchon et d’une plaque de carton, et un habit à queue. Il avait un sifflet pour arrêter la musique, pour faire les annonces, et un mouth organ comme clairon quand il y avait quelqu’un d’importance » (Calder, 1952). Les spectateurs, parmi lesquels des artistes amis, Fernand Léger, Piet Mondrian, Joan Miró, Jean Arp, Marcel Duchamp, Foujita, les photographes Man Ray, André Kertész, les poètes Jean Cocteau, Robert Desnos, l’architecte Le Corbusier, le musicien Edgard Varèse, étaient sidérés par les doigts si agiles de ce colosse qui donnait vie à ses fils de fer tortillés, habillés de quelques bouts de tissus (techniquement, du formage). Son humour et l’habileté de la manipulation le rendirent célèbre. En 1929, il offrit aux clowns Fratellini un basset, reproduction agrandie de l’un de ses jouets, fait d’un simple tuyau de caoutchouc plié, monté sur de cocasses pattes à trois branches. Ce chien-marionnette les accompagna dans de nombreux sketches jusqu’en 1953.

D’autre part, le théâtre d’objets se devait de prendre en compte les mobiles de Calder, « objets-ballets », comme il les appelait : ils furent effectivement chorégraphiés par Martha Graham, en 1935, dans Panorama et Horizons. En 1968, à l’Opéra de Rome, Calder mit lui-même en scène des mobiles, sur une musique électronique, évoquant sa « vie en dix-neuf minutes ».

(Voir États-Unis d’Amérique.)

Bibliographie