Maître marionnettiste dalang indonésien du Yogyakarta style wayang kulit (théâtre d’ombres). Ki Timbul Hadiprayinto n’avait qu’un niveau scolaire en éducation. (Ki étant une épithète de respect attribuée à un dalang sénior). Né dans une famille de dalang, fils de Guno Wasito et Sinah (fille du Dalang Ki Proyo Wasito), il devint l’un des dalang les plus aimés et respectés du Yogyakarta du style de performance wayang kulit.

Ki Timbul a étudié avec plusieurs maîtres dalang : Ki Wiji Prayitno (son oncle); Ki Kasmono pour l’interprétation des histoires ; Ki Gondo Margono pour le chant (sulukan) ; Ki Bancak pour la manipulation ; Ki Nartosabdho pour les dialogues. Il a émergé comme performeur vers la fin des années 40. Il a fréquenté deux années l’École Dalang Habiranda au Palais du Yogyakarta. Il était un performeur populaire dans les année 80 au RRI (Radio de la république indonésienne) et reçu le titre de « Ki Timbul Cermomanggolo » par le Palais de Yogyakarta. Ki Timbul était le favori du président Suharto au cours des années 80 et 90 et par la suite fut très apprécié par le président Gus Dur (Abdurrahman Wahid). Dans les années 90, son art fut documenté dans un film sur le wayang kulit subventionné par Mobil Oil. Il se présentait avec sa troupe composée de trente musiciens dans le Gamelan Marsudi Budaya.

Ki Timbul a créé le banjaran, histoires « biographiques » qui, au lieu de suivre la structure traditionnelle du wayang, expose l’histoire de toute la vie d’un seul personnage du Mahâbhârata, tel le rusé Sengkuni (l’oncle du héros Pandawa qui confronte ses cing neveux) ou le noble Gatotkaca (fils/neveu du héros Pandawa qui meurt dans la Grande guerre, le Bharata Yuda).

Il était reconnu comme le Dalang Kanda Buwana (performeur du ruwatan ou performance d’exorcisme). Lorsqu’il a exécuté pour la première fois ce type de rituel de wayang dans les années 70, Ki Timbul s’y sentait mal équippé, aussi il s’est plongé dans trois jours de méditation et de jeûne dans la grotte Langse à Parangtritis, un endroit de pouvoirs spéciaux en kejawen (une croyance traditionnelle javanaise). Il a écrit un livre sur le ruwatan et devint connu pour ses habilités à protéger et à faire bénéficier ceux qui ont besoin d’une aide et d’un pouvoir spirituel. Vers la fin de sa vie, il fut reconnu pour ses performances d’exorcisme et ses histoires inventées (karangan) qui mettaient de l’avant des histoires d’humains en quête de pouvoir spirituel (wahyu).
    (Voir Indonésie.)

Bibliographie