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Galerie
Acteur et marionnettiste italien, Otello Sarzi (1922-2001). Photo réproduite avec l'aimable autorisation de Fondazione Famiglia Sarzi (Reggio Emilia, Italie)

Otello Sarzi

Pays

Italie

Prénom

Otello

Nom

Sarzi

Naissance

Vigasio, Italie (1922)

Decès

Bagnolo, Italie (2001)

Fils et petit-fils de marionnettistes émiliens (Antonio, 1863-1948 ; Francesco 1893-1983), Otello Sarzi, acteur de théâtre, pratiqua la marionnette de manière discontinue. En 1953, après une première expérience de théâtre d’animation en Toscane, il s’établit à Rome où, avec un groupe d’artistes, d’intellectuels et d’étudiants, il créa le Teatro Sperimentale Burattini e Marionette (TSBM). Dès lors, Sarzi ne délaissa plus les marionnettes, poursuivant un parcours de recherche expérimentale qui fit de ses spectacles un phénomène unique en son genre en Italie.

En 1957, la représentation d’Un homme est un homme de Bertolt Brecht révéla chez Sarzi une inclination pour le théâtre engagé, laquelle fut manifeste tout au long de sa longue activité et de celle du TSBM. Il teatrino di don Cristobal (Le Petit Théâtre de Don Cristobal, 1959) de Federico García Lorca, Seppellire i morti (Enterrer les morts, 1963) d’Irwin Shaw, et Fantasia musicale (1966), version pour adultes, confirmèrent la volonté de Sarzi de faire sortir la marionnette du domaine populaire et d’en faire du théâtre tout court. Entre-temps, la télévision découvrit la magie des marionnettes et Sarzi fut appelé à donner des spectacles qui lui apportèrent la notoriété : La scoperta dell’America (La Découverte de l’Amérique) du poète dialectal romain Cesare Pascarella fut un succès, que ne confirma pas une adaptation d’Ubu roi d’Alfred Jarry, Riuscirà il cavaliere papà Ubu? (Le chevalier père Ubu réussira-t-il ?), malgré des musiques d’Ennio Morricone et des conceptions innovantes, ou peut-être à cause de celles-ci.

Après ces années romaines, Sarzi s’établit en 1969 à Reggio Emilia, où il ouvrit un laboratoire permanent avec sa sœur Gigliola : c’est de là que proviennent ses spectacles les plus originaux mais aussi, comme dans le cas du Castello (Château, 1980) de Franz Kafka, les plus controversés. Appartiennent à cette période des spectacles d’inspiration musicale, notamment Genovefa di Brabante, musique d’Erik Satie (1972, voir Geneviève de Brabant), Aida (1979) scénario de « théâtre d’étable » adapté par Roberto Leydi et Remo Melloni, El Retablo de Maese Pedro (Le Retable de maître Pierre, 1980) de Manuel de Falla, Il combattimento di Tancredi e Clorinda (Le Combat de Tancrède et de Clorinde, 1981) de Claudio Monteverdi, Pierino e il lupo (Pierre et le loup) de Serge Prokofiev, L’Histoire de Babar de Francis Poulenc, La Boîte à joujoux (1982) de Claude Debussy, Mavra (1984) d’Igor Stravinski, pour le festival des Deux Mondes de Spolète.

Le théâtre de Sarzi est innovant également en ce qui concerne les matériaux utilisés pour la construction des marionnettes, qui ne sont plus en bois mais en latex, en éponge et en n’importe quel matériau pouvant donner de l’expression aux personnages.

Otello Sarzi Madidini a été président de l’UNIMA-Italie et membre honoraire de l’Unima internationale.

(Voir Italie.)

Bibliographie

  • De Nigris, Fulvio. Otello Sarzi: burattinaio annunciato. Bologna: Patron Editore, 1986.
  • Fo, Dario, and Remo Melloni. L’occhi si é fermato sul burattino. Exhibition catalogue.
  • Reggio Emilia: Teatro il Setaccio Burattini e Marionette, 1986.
  • McCormick, John, with Alfonso Cipolla and Alessandro Napoli. The Italian Puppet Theater – A History. Jefferson (NC): McFarland & Co., 2010.